Socio dynamique et conduite du changement - Grenoble Chambery Coaching

Suite à notre précédent billet sur la dynamique de groupe et la conduite du changement, nous allons aborder ce même thème en l'enrichissant de la vision de la socio dynamique.  

Nous allons plus précisément nous intéresser à la typologie des acteurs ...






La sociodynamique (Voir le site de l'insitut de la socio-dynamique ) à été portée en France par Jean-Christian Fauvet. 
Durant plus de quarante ans, Jean-Christian Fauvet a mené et animé des travaux de recherche en management rassemblés sous le terme de sociodynamique. Grâce à la pertinence et à l’extraordinaire pédagogie de ses approches, il a formé plus de vingt mille managers et consultants qui ont largement essaimé. Les outils de la sociodynamique font aujourd’hui partie des classiques du management

La typologie des acteurs : la carte socio-dynamique de Fauvet, Herbemont et César

Un individu va consacrer plus ou moins d'énergie dans un projet. Cette énergie peut prendre 2 formes. 

Dans un premier temps, nous considérons deux axes :

La synergie : c'est le degré d'implication dans le projet, le changement ... L'envie de faire avec les autres ... C'est l’énergie développée par un acteur pour un projet,

L'antagonisme : c'est le degré d'opposition au projet ... C'est l’énergie développée par un acteur contre un projet.

Or une même personne peut-être à la fois synergique et antagoniste par rapport à un projet.




Comment se combinent ces deux énergies ?


Sur l'axe "Synergie" :


Les individus ne prenant pas d'initiative Parmi eux :
  • 1/ Ceux qui ne font rien
  • 2/ Ceux qui suivent les initiatives des autres


Les individus qui prennent des initiatives.
  • 3/ Ceux qui agissent grâce au soutien des autres
  • 4/ Ceux qui agissent de manière autonome


Sur l'axe "Antagonisme" : 

Les individus cherchant un accord, dans une stratégie gagnant/gagnant. Parmi eux :
  • 1/ Les "sans avis"
  • 2/ Les "critiques" qui restent ouverts à la discussion


Les individus cherchant à imposer leur avis coûte que coûte, dans un rapport gagnant/perdant. Parmi eux : 
  • 3/ Ceux qui sont contre, mais qui céderont avant la rupture
  • 4/ Les jusqu'au-boutistes 




La combinaison de ces catégories nous donne une typologie à 9 familles d'individus ;





Les acteurs sur lesquels il faut s'appuyer : 


Le Triangle d’or : ils font avancer le projet, en font la promotion, mais avec suffisamment de recul et d'esprit critique pour proposer des améliorations. Ils sont capables de comprendre les hésitations des autres et interagissent de manière participative. 

Ils composent votre équipe resserrée.

Les engagés : très synergiques et sans aucun antagonisme, ils adhèrent sans retenue tout en attendant objectifs et consignes de votre part. Ils peuvent adopter une attitude "d'évangéliste" quitte à brusquer les autres.

Mieux vaut éviter de leur confier des missions de facilitation ou de médiation. Par contre, vous pouvez compter sur leur très grand investissement. 

Les acteurs à convaincre : ce sont eux qui feront basculer le projet


Les hésitants. Leurs questions sont : quel sens ? qu'est-ce j'y gagne ? Ils ne sont pas indécis, mais attendent la réponse à leurs interrogations. Une fois convaincu (ou pas), l'hésitant peut faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre, car certains d'entre eux, très actifs peuvent influencer les passifs. 

Avec ceux-ci, il faut trouver un terrain d'entente, formaliser les accords et les missions qui leur sont confiées. 


Les passifs et les suiveurs : c'est la majorité silencieuse (40 à 80% des individus) des "ni pour ni contre". Ceux-là bougeront quand ils auront vu leurs collègues avancer. 

Il est inutile de s'épuiser à les persuader, à tenter de les faire participer. La bonne ligne de conduite, c'est la force tranquille : être zen et déterminé, et le montrer. 


Les acteurs à contenir

Les grognons : ils sont toujours prêts à faire de l'humour version cynique ou corrosive, à râler. C'est d'ailleurs leur principale source de dépense d'énergie, puisque ce sont avant tout des passifs en version extravertie. 

Mieux vaut ignorer leurs sarcasmes et ne pas entrer dans leurs débats. Par contre, avoir une oreille attentive sur le fond de ce qu'ils racontent est utile : ils disent souvent tout haut ce que de nombreux autres pensent tout bas. 

Au final, et par souci d'économie de son énergie, le grognon préférera la plupart du temps rentrer "dans les clous" plutôt que de se fatiguer à lutter !

Les opposants : ils sont très "contre", mais préfèrent autant que possible la résistance passive à la lutte frontale (au contraire des révoltés). Et surtout, ils sont sensibles aux rapports de force. 

La bonne stratégie est d'utiliser le triangle d'or et les engagés pour les neutraliser, en imposant (mode directif).


Les révoltés : ceux-là sont prêts à perdre beaucoup pour faire échouer le projet. Leur stratégie est simple : perdant / perdant. 

Il faut les faire plier sans discussion. Avec comme alternative : le respect des règles du jeu ou l'expulsion du terrain.

Les déchirés : ils vivent un immense dilemme ! Ils ont tellement envie d'adhérer au projet, mais "tellement pas comme ça !!!". 

Mieux vaut les laisser de côté tout en les surveillant. En se rassurant : ils vont autant "pourrir la vie" de vos opposants que la vôtre... 


Les questions à se poser 

Avec qui je vais avancer ? A qui je vais demander d’agir ? Avec qui je peux me permettre de co-construire ?  Les gens qui agissent pour mon projet sont-ils en contact ? Sont-ils de plus en plus nombreux ? Est-ce que je leur donne assez d’informations, de coups d’avance etc. ?Qui il me reste encore à aller convaincre ? Sur quel allié de poids puis-je m’appuyer pour le faire ? Quelles sont les conditions d’adhésion des personnes ? Sont-elles réalisables ?Ne suis-je pas en train de perdre mon temps en essayant de convaincre une personne opposante ?


La stratégie des alliés en 6 points 

1/ Identifier les alliés (triangle d'or et militants)

2/ Les accepter tels qu'ils sont et accueillir leurs suggestions ou critiques (attitude constructive).

3/ Passer au moins les 2/3 du temps que vous consacrez au projet avec eux

4/ Les soutenir et les valoriser. Déléguer et leur donner du pouvoir.

5/ Utiliser ses alliés pour se créer de nouveaux alliés, pour contenir les résistances

6/ Adapter son attitude. Etre participatif avec les alliés, négociateur avec les hésitants, directif avec les opposants pour en obtenir le minimum.