Dynamique de groupe et conduite du changement


Résistance au changement, immobilisme, réfractaires aux projets ... Combien s'en plaignent dans les entreprises ? Nouveaux objectifs, nouvelles pratiques, modification d’organigramme, on voit souvent la conduite du changement sous l'angle des contraintes, et de ses "boulets" ... 

Et si on s'intéressait à ce qui marche ? Une variante de l'effet papillon.



Quels sont les facteurs qui feront qu'un changement sera plus ou moins vite adopté ?

L’avantage relatif : Dit autrement, l'individu perçoit que cela améliorera sa condition.

La compatibilité avec les pratiques et les valeurs existantes : moins l'innovation semble remettre l'ordre établi en cause, plus vite elle est acceptée.

La simplicité : plus ce qui doit être changé semble simple en terme de mise en oeuvre, plus le changement sera rapide. La possibilité "d'essayer pour voir" est également un facteur important.

L’observabilité des résultats. Si l'individu peut mesurer les améliorations, il sera plus favorable au changement.


Tout le monde ne résiste pas ! Et pour beaucoup, c'est une question de timing ...

Bien connue des marketeurs, et reprise par les agilistes, la courbe de Bass et Rogers nous éclaire sur ce point : tout le monde ne change pas en même temps ! En réalité, vous êtes même très probablement entouré de quelques personnes tout à fait en phase avec l'innovation ...



En observant cette courbe de Gauss, on constate que 50% d'une population est prête à emboîter le pas rapidement. Encore faut-il s'adresser aux "bonnes personnes" sans s'épuiser. 

Comment ça marche ? 

Prenons pour exemple un groupe de 50 personnes, concernées par une innovation ou un changement d'organisation dans l'entreprise. 

Les innovants (2.5%) : vous en aurez 1 ou 2 autour de vous. 

Ceux-ci sont toujours en attente de nouveautés. Ce sont eux qui faisaient la queue devant les Apple Store pour s’acheter l'IPad 1, dont personne ne savait à quoi il pourrait bien servir ... 

Mettez-les dans la confidence, dépensez une grande partie de votre énergie à communiquer avec eux. Ils vous serviront d'évangélistes. 

Attention : nos innovants manquent parfois de recul, le risque étant que, trop convaincus, ils cherchent à imposer le changement aux autres sans discernement.

Il faut donc contenir leur enthousiasme au risque obtenir l'inverse de l'effet attendu : l’ultra-solution !

« J’appelle ultra-solution ces remèdes extrêmes qui se débarrassent non seulement du problème mais de tout le reste ». Paul Watzlawick 



Les adoptants précoces (13.5%) : vous en aurez donc 6 ou 7 autour de vous.

A votre contact, ou grâce au travail des innovants, eux verront très vite les bénéfices potentiels des changements en perspective.

Ces adoptants seront vos promoteurs. Ils vont tester avec enthousiasme, mesurer les résultats, et communiquer autour d'eux.

Soignez-les : communiquez avec eux, demandez du feed back, et intégrez les dans votre dispositif de communication (témoignage, parrainage ...).

Bonne nouvelle : vous avez maintenant plus de 15% de votre équipe avec vous, soit dans notre exemple un peu moins d'une dizaine de personnes.

Que va t-il se passer après ? 

Ne sur-communiquez pas à destination des autres 85%, informez, mais laissez votre équipe resserrée d'innovants et d'adoptants précoces faire le job de promotion.

Naturellement, 1/3 de la population va suivre le mouvement peu après ...

La majorité précoce (34%), soit 17 personnes sur les 50

Eux ont vu que "quelque chose" de positif se déroule sous leurs yeux. Au contact des pionniers, ils vont emboîter le pas.

A ce stade, vous devez communiquer (et faire communiquer) sur le fait que la moitié de l'équipe a déjà largement avancé, et mettre en avant les résultats obtenus au niveau de l'organisation.

Et ensuite ?

La majorité tardive (34%) va vous rejoindre : "on est entré, on a vu qu'il y avait de la lumière !"


C'est "l'effet mouton", ou preuve sociale.

Le principe de la preuve sociale désigne cette tendance à croire que si la plupart des gens croient en quelque chose ou agissent d’une certaine manière, mieux vaut se conformer à cela en vertu de l’idée qu’autant de gens ne peuvent tous se tromper. Ce n’est plus la célébrité ou l’autorité qui fait poids, mais la masse, et une chose devient acceptable parce qu’elle est supposée vraie/crue par un certain nombre de gens. Plus formellement, le fait qu’une masse de gens nourrissent un sentiment favorable à l’égard d’une proposition ou d’une action se substitue à la preuve étayant cette proposition.



Cela vous choque ? Les faits sont là, et ils sont têtus ! Bêêêêêêeêêhhhh !


La bonne nouvelle : vous avez maintenant 84% de vos collaborateurs avec vous. En ayant au total consacré votre énergie auprès des 16% qui étaient prêts à avancer des le début de l’aventure.

Ce ratio ne vous rappelle rien ? Cherchez un peu ... Et oui, la loi de Pareto ou 20/80. Encore ...

Donc, en résumé et pour simplifier : dans votre équipe, réseau ... Entourez-vous des 20% de "bonnes personnes" pour convaincre 80% de votre population !

Et les autres 16% appelés aussi "retardataires" ? 

Laissez tomber ... Certains ont tellement de trains en retard, que le jour où ils arrivent à la gare, c'est pour constater qu'elle est désaffectée depuis des lustres ...


La vie sera t-elle pour autant un long fleuve tranquille ?

Et non ! La courbe de Gartner va nous aider à mieux comprendre pourquoi ...



Chaque nouveauté provoque un certain degré de curiosité. Quand l'idée a été "vendue", le risque est de provoquer trop d'enthousiasme ... Pourquoi ?

Les nouvelles pratiques, organisations, etc... mettent du temps à s'installer et à porter leurs fruits. Il faut donc passer ce cap de "l'escroquerie" pour que chacun s’aperçoive que finalement, tout va mieux.

Et à la fin ? Mais, personne n'en avait jamais douté ... Promis, juré !

Tout ceci fonctionne, très souvent. Vous ne nous croyez pas ? Rejoignez vite les "20%" qui en sont déjà convaincus !