Les attitudes de Porter

Elias PORTER, collaborateur de Carl ROGERS, a mis en évidence plusieurs attitudes spontanées d'écoute :


Décision
J’ordonne.
Je menace.
Je donne un conseil.
Évaluation
Je juge.
J’évalue.
J’apprécie.
« C’est bien, c’est mal ».
Soutien
Je soutiens moralement.
Je suis compatissant.
Enquête
Je me renseigne.
Je questionne.
Je cherche.
Interprétation
Je développe en expliquant, en interprétant ce qui m’a été dit.
Écoute compréhensive
J’accepte.
Je reformule.
Je « reçois » l’autre.







L’attitude de décision (appelée aussi de conseil ou de solution):

« Je sais ce qu'il faut faire. »

On indique, de façon plus ou moins contraignante à l’interlocuteur ce qu’il doit (ou pourrait) faire, penser ou sentir. Cette attitude peut se traduire par une suggestion sur ce qu’il est souhaitable de faire ou sur ce que l’on devrait faire (du point de vue du conseiller). Elle peut aussi  prendre la forme d’un ordre, d’une consigne ou de directives
Avantage : efficacité immédiate

Inconvénient : peut générer un faux climat de sécurité, une dépendance, une décharge de responsabilité




L’attitude de jugement ou d'évaluation:

« Je sais ce qui est à privilégier ou à bannir; je sais ce qui est bien et mauvais »

Consiste à exprimer, concernant les propos tenus par autrui une opinion ou un jugement de valeur d’une façon plus ou moins délicate, plus ou moins explicite, plus ou moins circonstanciée. L’évaluation peut être d’ordre logique (vrai, faux) ou morale (bien, mal) et porter sur les actes, les pensées, les sentiments émis par  l’interlocuteur, ou sur sa propre personne.

Avantage : franchise, défoulement

Inconvénient: les systèmes de valeur se heurtent; peut entraîner un blocage, une attitude défensive et une perte de confiance chez l'autre.




L’attitude de soutien, d'aide:

 "Ce n'est pas grave, tu t'en sortiras, je sais ce que tu ressens"

On rassure, minimise la situation. Réponse visant à rassurer, à apaiser ou soulager l’autre, à dissiper ses doutes, à favoriser une reprise de confiance en soi. Prend souvent la forme d’un désir de persuader l’autre que son problème n’est pas aussi sérieux qu’il le pense (minimisation, banalisation), ou qu’on éprouve la même chose que lui.
Avantage : apport de sympathie (surtout dans certaines circonstances)

Inconvénient : ne résout pas les problèmes, mais les occulte; peut entraîner une fausse sécurité; l’interlocuteur, momentanément renforcé, risque de ressentir davantage le poids de ses difficultés par la suite.





L’attitude d’enquête et d’investigation ou de question :

« Pourquoi as-tu fait cela?"
On pose des questions, on interroge. On cherche à obtenir des informations supplémentaires, à approfondir le problème posé. Cette attitude se manifeste surtout sous la forme de questions portant sur les faits ou sur les sentiments et opinions.

Avantage : permet d’aller plus loin, de mieux comprendre

Inconvénient : si l’attitude est trop prononcée, il existe un risque de réaction de gêne, voire de refus ou d’hostilité car les questions sont vécues comme de l’indiscrétion ou de l’inquisition.




L’attitude d’interprétation :

 « Tu as fait cela parce que…Je sais ce que cela signifie. »

On tente d’expliquer à autrui le sens de ses pensées ou de son action pour l’aider à y voir plus clair. Réponse  qui consiste à expliquer à l’autre les raisons de son comportement, à lui faire prendre conscience de lui-même, à lui montrer d’une manière plus ou moins directe comment il se représente sa situation. Cette intervention porte sur le sens latent de son discours ou de sa conduite.

Avantage : désir d'analyse

Inconvénient : risque de déformer la vérité, d’apporter un diagnostic faux.





L’attitude d’écoute, de compréhension et de reformulation :

 « Dis-moi ce que tu vis »

On tente de ré-exprimer ce qu’autrui vient de dire en respectant sa façon de sentir, mais sans s’impliquer au niveau de l’affectivité. On recherche ici à comprendre de l’intérieur, à se mettre à la place de l’autre pour saisir plus nettement la signification de la situation vécue et les sentiments exprimés par l’interlocuteur. On reformule alors ce qu’il vient de dire, lui facilitant une prise de conscience plus claire et lui donnant le sentiment d’être compris.

Avantage : solution ouverte permettant à l’autre de prendre en charge ses propres problèmes; entraîne une confiance, une sécurisation favorables à la poursuite du dialogue; laisse à l’interlocuteur le maximum de liberté, donc tend à le responsabiliser.

Inconvénient : long, manque parfois d'une efficacité immédiate


Chacune de ces écoutes peut être adaptée selon les situations rencontrées.




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